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Pourquoi éduquer ?

Votre cheval ou poney pèse un très lourd, vous ne ferez jamais physiquement le poids face à votre cheval. Pour que votre relation soit agréable et basée sur le respect, il est nécessaire que j'établisse un code de langage entre vous et votre cheval et il est utile que je lui pose des limites à ne pas dépasser. Un cheval bien éduqué est un cheval facile à vivre et à débourrer. Il est agréable à monter, travailler et dresser. J'établi une relation de confiance entre vous et votre cheval, pour qu'il devienne votre complice, votre compagnon de route.

Les bases

Dans la mesure du possible, il est souhaitable que j'éduque le poulain dès le plus jeune âge en restant dans le respect du jeune cheval en tant que « cheval » : respecter son espace et il respectera le vôtre. Plus qu'à des méthodes toutes faites, je fait appel à mon bon sens. Si vous ne vous sentez pas de taille ou si vous vous sentez dépassé, n'hésitez jamais à faire appel à moi je me ferai un plaisir de vous trouver une solution.

Un cheval reste un cheval, bien plus fort que nous physiquement. Il est presque impossible d'imposer notre volonté par la force donc le respect mutuel doit se résumer en deux mots : DOUCEUR et FERMETE ou le vieil adage de la « main de fer dans un gant de velours ». C'est pour ces raisons que je fixe des limites à ne pas dépasser.

Il faut bannir tout signe d'agressivité de la part de votre cheval à votre égard (morsure, coup de pied, ruade, bousculade). Votre cheval doit se laisser approcher et licoler au pré sans vous bousculer ou courir dans tous les sens. Il doit savoir marcher en main, longe détendue, à sa place (derrière ou à côté de vous), en respectant votre espace. Votre cheval ne doit pas jouer avec vous comme si vous étiez un autre cheval, ne lui accordez pas cette faveur quand il est poulain, sinon vous risquez de le regretter fortement lorsque votre cheval aura atteint sa maturité.

Lorque je travail votre cheval, je fixe des limites à ne pas franchir et je m'y tiens. Je suis constant dans mes demandes : je ne vais pas un jour exiger quelque chose que je n'exigerai pas le lendemain ou tolérer une « désobéissance » que j'aurai réprimé fortement en temps normal juste parce qu'aujourd'hui je suis fatigué. Le cheval n'y comprendrai plus rien, et ne me considérera pas comme un leader digne d'intérêt et de respect et je perdrai alors définitivement sa confiance.

Au fur et à mesure de son éducation et de son dressage, j'établirai de nouvelles limites, de nouveaux apprentissages comme l'immobilité en liberté, l'interdiction de quémandage de nourriture, le respect des allures, les transitions à la voix, l'immobilité au montoir. N'oubliez pas qu'un cheval bien éduqué est le garant d'une cohabitation agréable entre vous et votre cheval, cohabitation qui devrait durer une grosse vingtaine d'années. Un cheval ne vous en voudra jamais d'être assez ferme du moment que vos décisions à son égard sont justifiées. Fermeté ne veut pas dire force et vous obtiendrez davantage encore si à votre fermeté, vous ajoutez la douceur.

Les problèmes devenus insurmontables pour certains qui feront alors appel à des « chuchoteurs » pour leur venir en aide ont bien souvent leur ancrage dans un défaut de l'éducation de base. Ce que vous propose le « chuchoteur » ne tient pas du miracle, il cherche seulement à vous faire acquérir les connaissances de base que tout homme de cheval devrait avoir pour gagner la confiance et le respect de son animal. En d'autres mots, un « chuchoteur » ne rééduque pas votre cheval, il vous rééduque « vous ».

Le débourrage et le travail à pied

Lorsque j'ai établi un code avec le cheval. Il respecte maintenant les limites que j'ai instaurées avec lui. Il reste tranquillement à l'attache. Il se laisse brosser le corps, la tête sans problème, il me donne correctement ses pieds et me laisse le nettoyer sans bouger, il accepte de se faire ferrer les pieds à chaud par le maréchal-ferrant. Il se laisse bien mettre le licol et il me suit à pied en longe sans problème aux trois allures en gardant ses distances. Alors je peux maintenant entamer les prémices du débourrage qui consiste en un travail à pied en longe et en liberté. Ce travail peut également être effectué avec un cheval d'âge certain que vous souhaiter « remettre aux ordres » car il teste vos limites très fréquemment.

Je débute le travail à pied par un travail en licol et longe de travail (longueur environ 3 mètres). Je lui montre ce que j'attend de lui en lui montrant la voie et en associant mes ordres vocaux à mes ordres corporels : mettre en mouvement sur le cercle, demander des changements de main, des serpentines, des transitions entre les allures, des arrêts. Quand le travail en longe est acquis, je peut passer au travail en liberté. Le cheval garde son licol (car il est au travail) et je garde constamment son attention (tout roulage dans le sable ou démonstration d'agressivité envers moi est banni : il est au travail !). je me place au centre du cercle avec ma longe et avec mon corps et ma voix, je mets le cheval en mouvement sur le cercle sur la piste autour de moi. Il doit répondre à mes ordres corporels et vocaux (transition d'allures, arrêt, changement de main, retour au centre). Je le récompense avec des carottes lorsque le travail est effectué correctement. Je finis la séance par des exercices en longe ou en liberté de mobilisation des épaules, des hanches, travailler le reculer ou les déplacements latéraux.

Un travail à pied ne s'improvise pas. Je Commence par des exercices faciles et un travail de courte durée (10 mn) pour arriver à un travail plus précis (voire aux longues rênes) et complet d'une durée de 40 à 50 mn.

Le débourrage et le travail monté

Après avoir travaillé le cheval à pied « nu » mais aussi « sellé et bridé » pour qu'il s'habitue à son harnachement. Voici venir le temps de la monte.

Au préalable, il faut faire sentir le poids du corps au cheval. Il sera habitué progressivement à l'arrêt à accepter un cavalier sur son dos ; d'abord en sac à patates quelques secondes puis plus longtemps puis à califourchon, à l'arrêt, au pas et au trot, tiré en longe par un tiers. Je me fait le plus discret possible, bien assis, les jambes légèrement au contact. En licol et à cru, les premiers temps de monte seront des moments de plaisir pour le cheval : aller au parc, se balader avec un copain. A cette occasion, j'en profite pour commencer à lui apprendre le code des aides naturelles associé au code vocal que j'ai mis en place pendant le travail en liberté : l'arrêt, les transitions montantes ou descendantes et les changements de direction seront le travail prioritaire. Je continue par un travail en selle et licol, puis progressivement intégre le mors et le filet. Je commence par un travail léger, peu contraignant et de courte durée puis progressivement augmenter le temps de travail ainsi que la variété des exercices proposés.

Un cheval est considéré comme « débourré » lorsqu'il accepte selle et filet, son cavalier aux trois allures et lorsqu'il respecte les ordres de transitions d'allures, l'arrêt et les changements de direction.

Le dressage

C'est le perfectionnement du travail à pied et monté. Quelle que soit la discipline pratiquée, je dresse votre cheval à ce qu'on appelle la « basse-école ». C'est le dressage de base commun à toutes les disciplines équestres qui vous permettra de garder un cheval en état, musclé correctement et souple. Dans le désordre, j'apprend à votre cheval à s'incurver correctement, répondre à la jambe isolée, faire des arrêts carrés, monter son dos, se rassembler, se déplacer latéralement, reculer.

A cheval comme à pied, je ne tolére aucune démonstration d'agressivité comme des sauts de mouton, des cabrages. J'impose mes propres limites : ne pas brouter pendant le travail, ne pas remettre en question la direction choisie, ne pas prendre peur sans raison apparente, rester attentif.

Travaillez ensuite son indépendance. C'est un détail à ne pas négliger. Avoir un cheval indépendant est un gage de sécurité, de confiance et de liberté. De plus, il sera vraiment à votre écoute, prêt à vous emmener au bout du monde. Les premières séparations avec ses congénères seront difficiles : hennissements, frayeurs inutiles, demi-tours intempestifs. Mais avec tout le travail de confiance qui a été fait auparavant le cheval est maintenant mon compagnon et sort en toute confiance.

Maintenant je peux entamer le dressage spécifique à votre discipline de prédilection et éduquer votre cheval en conséquence. En dressage, vous privilégie le tact et la souplesse ; en attelage, j'habitue le cheval aux traits et à tracter ; aux cheval d'extérieur je lui apprend à rester calme en toutes circonstances, accepter le paquetage ; un cheval de spectacle je lui apprend à supporter sans broncher les applaudissements. Le passage cheval cavalier vous permettra de progresserez chaque jour davantage avec votre cheval, un cheval qui, tout comme vous, possède une personnalité unique à laquelle il faudra vous adapter, trouver le bon feeling entre vous et lui pour que vous puissiez vous comprendre et vous faire confiance en toutes occasions.

En conclusion

Eduquer un cheval, ce n'est pas inné. Même si on possède des aptitudes naturelles, l'apprentissage du cheval comme du cavalier se fait sur le long terme. Il y aura des réussites, des défaites, des jours AVEC et des jours SANS. Le comportement du cheval est influencé par de nombreux facteurs extérieurs comme les conditions de vie, le stress ambiant, votre stress personnel, le climat. Dans tous les cas, l'éducation d'un cheval n'est jamais finie, qu'il ait 1, 5 ,10 ou 20 ans, chaque jour, vous devrez vous remettre en question, chaque jour vous devrez rester positionné sur les limites à ne pas dépasser, chaque jour vous devrez gagner et conserver sa confiance pour qu'en toutes situations, même les plus extrêmes, vous puissiez compter l'un sur l'autre et que plus qu'une simple monture, votre cheval devienne votre complice, votre compagnon de route, un compagnon que vous respecterez et qui vous respectera.